Exploiter une érablière rentable ou non

On serait tenté de croire à cette rentabilité lorsqu’on constate l’intérêt manifesté par plusieurs personnes auprès de la Fédération des producteurs acéricoles pour agrandir leurs érablières déjà en production ou pour en démarrer une nouvelle.

Dans plusieurs régions au Québec les érablières se vendent à prix fort. Dans la Beauce de petites érablières ont atteint jusqu’à 100$/entaille. À ce prix on ne parle plus de rentabilité mais plutôt d’un loisir. Certains acériculteurs prétendent qu’il faut au moins 10 000 à 20 000 entailles pour espérer être rentable tout en se payant un salaire décent. Par contre, au cours des dernières années, il y aurait très peu d’acériculteurs, possédant moins de 10 000 entailles, qui auraient abandonné la production. Les prix actuels du sirop maintiennent-ils des exploitations qui seraient à la marge ou est-ce que la situation financière des acériculteurs est suffisamment bien connue?

Il est possible pour un acériculteur actuel ou futur de faire lui-même cette analyse de rentabilité à l’aide d’une feuille de calcul développée par le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ). On peut se la procurer à peu de frais en se rendant sur le lien suivant : https://www.craaq.qc.ca/Recherche/érablière.

Une foule de facteurs peuvent affecter la rentabilité de cette production. Le rendement obtenu en sirop d’érable à l’hectare (et non à l’entaille) de l’érablière est un des facteurs à considérer. S’il se situe bien en deçà de 800 à 1000 livres de sirop classés à l’hectare, il y a des problèmes à corriger sauf s’ils sont attribuables à la qualité de l’érablière ou à sa situation géographique. Ce rendement pourrait pour bien des érablières correspondre à 4 livres à l’entaille.

La qualité de gestionnaire d’un acériculteur et de ses équipements joueront sur la rentabilité de l’exploitation. Il s’agit d’une entreprise qui n’est pas aussi simple de fonctionnement qu’on le croirait.  De plus il va de soi que le nombre d’entailles en production influencera significativement les coûts d’exploitation.

La production de sirop au Québec jouie d’un contexte favorable (sans faire l’unanimité) que l’on pourrait traduire de la manière suivante:

  • La présence d’un plan conjoint administré par la Fédération des producteurs acéricoles qui accordent des quotas de production. Ces quotas sécurisent la production. Jusqu’à ce jour elle est intervenue favorablement sur les prix du sirop et du même coup sur la valeur des érablières.
  • La Fédération agit également pour : augmenter la consommation de sirop et du même coup sa production.
  • Elle défend les intérêts de l’ensemble des acériculteurs auprès des gouvernements ce qui n’est pas sans avoir des répercussions positives pour la production.
  • Selon de nombreux acériculteurs les prix obtenus par la Fédération pour les différentes qualités de sirop s’avèrent intéressants. Ils n’ont pas baissé malgré deux très bonnes années de production.
  • La demande mondiale de sirop d’érable n’est pas en baisse.
  • Le Québec dispose d’une structure complète de : vente, transformation du sirop, équipementiers, services techniques et dans une moindre mesure des activités de recherche ou de transferts technologiques.
  • La valeur à l’entaille d’une érablière n’est pas en baisse et ne devrait pas l’être à tout le moins pour le court terme.

 

Comme pour toute production il y a des menaces qui méritent notre attention c’est à dire:

  • La force du $ canadien par rapport aux USA. Certains prétendent que s’il devenait au pair le prix du sirop pourrait baisser.
  • Les pressions exercées pour diminuer les pouvoirs de la Fédération et de son plan conjoint du sirop. Certains en profiteraient mais pas tous.
  • La présence des producteurs américains qui augmentent graduellement leurs productions. Ils possèdent un grand potentiel d’entailles inexploitées.
  • Le peu de main d’œuvre disponible. C’est déjà un problème pour plusieurs acériculteurs.

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N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires sur de revenus et de coûts reliés à la production acéricole.

 

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